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Alice Nevers
LA METAMORPHOSE
Interview
MARINE DELTERME, héroïne d’"Alice Nevers", à propos de René Manzor : "Il a profité du passage à 52 minutes de la série en 2007 pour tout changer, jusqu’au générique"
Dans "Alice Nevers", les nouveaux épisodes se déroulent dans un contexte très engagé : réseaux sociaux ("Jardin Secret"), trafic des animaux ("Animal")...
M. D. : Et ca va continuer. Dans les prochains épisodes, il sera notamment question de marché sous-terrain du discount ("Meurtre Discount")... Elle est toujours dans l’air du temps. Ce ne sont pas seulement des crimes passionnels etc. Derrière les histoires, il y a quelque chose. D’ailleurs, avec l’affaire d’Outreau, mon personnage a été quelque peu obligé d’évoluer. Alice est une héroïne moins positive, qui a des failles, qui doute etc. On ne peut plus aujourd’hui, en 2012, avoir une héroïne parfaite et positive...

Auprès de Marquand (Jean-Michel Tinivelli), je crois qu’Alice gagne en maturité. D’ailleurs, pendant le tournage du premier épisode en 52’, René Manzor, le réalisateur, me disait "c’est comme si c’était quatre ans plus tard". On a donc une Alice Nevers plus mature, plus professionnelle.
Il y a aussi des moments de comédie et d’émotion. N’est-ce pas étonnant pour une série policière ?
M.D. : Je trouve assez sympathique de jongler entre les enquêtes criminelles et cet aspect comédie même si, bien sûr, Alice Nevers n’est pas une série comique. René Manzor, le metteur en scène qui a repris la collection, a su mettre ce ton en place avec beaucoup de finesse. Et l’arrivée d’un enfant dans la vie d’Alice a totalement bouleversé la série. Lorsque les scénaristes ont eu l’idée de sa grossesse en me voyant enceinte, ils ont développé une histoire plus feuilletonnante. Nous sommes d’ailleurs l’une des rares séries françaises à l’être autant. C’est très agréable parce que nous pouvons construire nos personnages dans la durée.
Autre changement notable avec René Manzor à la réalisation. Qu’a t’il apporté de nouveau à la série ?
M. D. : Enormément. Il est passionné et il s’est investi autant que dans un long-métrage. Il a profité du passage à 52 minutes en 2007 pour tout changer : la manière de filmer, la musique... Il a fait un vrai travail de modernisation de la série, avec une ligne esthétique précise qui sera suivie par les réalisateurs qui lui succèderont. On peut maintenant reconnaître la série rien qu’à l’image et au son. Avant René Manzor, il y avait peu d’unité entre les épisodes. Les metteurs en scène s’adaptaient et, par exemple, on avait une lumière différente selon les sujets. Dorénavant, les codes esthétiques de la série sont plus précisément définis.
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